Mon accouchement parfait

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\ Accouchement du 06 mai 2015
t Durée : 8 heures et 45 minutes

J'ai tellement apprécié lire les réçits d'accouchements ici, qu'à mon tour je vais partager le mien.

Il était prévu le 5 mai pour ma gynéco, le 7 pour l'échographiste et le 6 d'après ma date d'ovulation (avec la méthode des températures je savais que j'avais ovulé le 6 août 2014).

Petit point grossesse avant d'entrer dans le vif du sujet :

9 mois parfaits, je n'ai vécu que les points positifs que l'on peut associer à cette période. Peau et cheveux magnifiques, peu de prise de poids, bébé qui bougeait beaucoup et fort sans faire mal, la forme. Bref, j'ai eu de la chance !

Mon accouchement à présent :

Le matin du 5 mai, je ne ressentais pas l'ombre d'une contraction. J'ai alors appelé la maternité pour savoir quoi faire, on m'a dit de venir pour un contrôle le lendemain matin. Vers 15h, j'ai commencé à sentir des contractions légères qui sont devenues régulières au fil des heures : toutes les 20 min environ. Elles étaient tout à fait supportables. Lorsque mon mari est rentré du travail, je l'en ai informé et nous avons décidé d'attendre qu'elles se rapprochent davantage pour nous rendre à la maternité.

J'ai eu des contractions toute la nuit, suivant le même rythme, mais je pouvais tout de même dormir, c'est dire si elles étaient légères. Le lendemain matin, le 6 donc, nous voilà partis pour la maternité. Moi qui pensais que le trajet en voiture risquait d'accélérer les choses, pas du tout ! Mes contractions se sont tout bonnement arrêtées net.

Arrivès à la maternité vers 10h, une sage-femme nous a amenés dans une salle d'examen : mon col était dilaté à 3 cm. Elle m'a placée sous monitoring et pendant une heure je n'ai eu aucune contraction. Je me demandais si les contractions de la veille et de la nuit n'étaient pas qu'un faux travail...La sage-femme m'a examinée à nouveau, pas de changement comme on si attendait. Elle m'a tout de même dit que vu que l'on habite à une heure de route de la maternité on n'allait pas rentrer et que s'il le fallait on déclencherait le travail (nous avons démenagé au milieu de ma grossesse et je ne voulais pas changer de maternité, d'où le long trajet). Enfin, elle nous a conseillé d'aller déjeuner et de nous promener pendant deux heures avant de revenir,ce afin d'essayer de déclencher le travail naturellement. Cela nous a fait une drôle d'impression de nous dire que ce n'était plus qu'une question d'heures avant de rencontrer notre bébé.

J'ai à peine posé un pied hors de l'hôpital que j'ai ressenti une contraction, une "vraie" : j'en ai eu le souffle coupé et je ne pouvais plus marcher. A partir de là, j'en ai eu toutes les 5 min mais j'ai quand même pris le temps de déjeuner afin de faire le plein d'énergie en vue de l'accouchement. Je sentais que cette fois-ci le travail avait vraiment commencé et je me sentais à la fois très sereine et fébrile.

Mon mari et moi sommes retournés à la maternité vers 13h30. On a un peu patienté avant un nouvel examen du col : dilatation à 4. On nous a ensuite installés directement en salle d'accouchement, vers 15h. Lorsqu'on est entré dans la salle, on a tous les deux reçu une petite décharge d'adrenaline : on allait sortir de cette pièce à trois ! Je me sentais en confiance dans cette pièce et avec l'équipe médicale. Franchement, dans un moment aussi intense, c'est primordial.

On m'a proposée la péridurale tout de suite car l'anésthésiste allait avoir un créneau de libre pour me la poser. J'ai hésité car d'un côté je voulais gérer au maximum et aider bébé à descendre en étant active, et de l'autre, j'avais quand même bien mal lors des contractions et je n'en étais qu'à 4 cm. Du coup j'ai opté pour la péridurale tout de suite.

J'avais peur d'avoir mal pendant la pose, je ressentais plein d'émotions liées à ce qui se passait, je tremblais, je ne pouvais pas m'en empêcher. L'infirmière a réussi à me detendre en me parlant et finalement, j'ai juste ressenti de la chaleur dans le dos pendant l'anesthésie et puis plus rien dans le dos pendant le reste de la manoeuvre. La péri a agi très vite et contrairement à ce que je redoutais, je sentais mes contractions mais sans aucune douleur ce qui me permettait de visualiser mon col se dilater et bébé descendre en toute quiétude.

Juste après la pose de la péridurale, la sage-femme a percé la poche des eaux et m'a injectée de l'ocytocine afin de rendre les contractions plus éfficaces. Moi je les trouvais fortes mais d'après elle, c'était de la gnognotte par rapport à ce qui m'aurait attendu si je n'avais pas choisi la péri.

Le temps a passé, entrecoupé des visites de la sage-femme qui venait mesurer mon col. Elle sentait la tête de bébé et me disait qu'il avait très peu de cheveux. Mon mari et moi avons fait passer le temps en l'imaginant. Mon mari est rapidement allé casser une petite graine vers 18h30, ensuite il ne m'a plus quittée jusqu'à ce que vers 19h30, je commence à avoir envie de pousser. La sage-femme m'a demandé de resister autant que possible car il manquait 1 cm. C'était de plus en plus difficile donc à 20h elle m'a fait essayer de pousser. Il ne manquait plus grand chose avant d'être bien à 10 cm. En m'observant elle m'a dit "c'est bon, on y va. Quand vous sentez une contraction, poussez et vous essayerez de poussez trois fois par contraction."

Je me suis sentie devenir bestiale, c'était "maintenant", j'allais tout donner pour faire naître mon bébé le plus vite possible afin de ne pas m'épuiser et de préserver bébé. La sage-femme était présente tout en me laissant gérer et je n'entendais que la voix de mon mari qui m'encourageait. Je poussais comme une folle et j'ai très vite senti un "poc" : c'était bébé qui avait franchi le col. Ensuite j'ai eu l'impression de pousser un mur : je poussais très fort mais je ne le sentais plus progresser. J'ai commencé à faiblir, j'avais l'impression que je n'y arriverais pas. Au bout de 35 minutes, je ne parvenais plus à pousser éfficacement et le coeur du bébé commencait à ralentir. Le fait de l'apprendre m'a redonné de l'énergie car je ne voulais pas qu'il souffre et je me suis remise à pousser comme une damnée. Au bout de quelques minutes sa tête est sortie, suivie très vite du reste de sa minuscule personne.

A ce moment-là tout est devenu flou dans la pièce : je ne voyais plus que notre bébé sortir de mon corps et être déposé sur mon ventre par la sage-femme. Il me regardait, tout calme, de ses grands yeux gris et il avait toute une forêt de cheveux bruns ! C'était magique. J'ai regardé mon mari, je me souviendrai toujours de l'expression de bonheur indescriptible de son visage. Il avait la même lorsque je lui annoncé qu'il allait devenir papa, après 8 mois d'essais. Bébé avait émis du méconium pendant l'accouchement donc on me l'a pris quelques minutes afin de l'aspirer. J'ai dit à mon mari de rester avec lui, de ne pas le quitter des yeux. J'ai alors appris que j'avais eu une épisiotomie. La sage m'a recousue et moi je n'arrêtais pas de parler, une vraie pipelette. Mon mari et bébé sont revenus très vite et on m'a remis mon fils enroulé dans une couverture. Je l'ai vite mis au sein. On est devenu une famille.

Jules est né le 6 mai 2015 à 20h47.

Voilà, mon récit est terminé et je vous avoue que je suis émue à l'idée de me remémorer cette magnifique aventure. Je crois que je le serai à chaque fois que j'y penserai.

Petit point épisio : j'avais peur d'avoir mal une fois les effets de la péri estompés, et bien pas du tout. Et je n'avais pas mal non plus en allant aux toilettes. Quel soulagement ! Par contre, au bout de quelques jours, elle devenue inconfortable et tirait beaucoup : la cicatrisation quoi...Elle a duré une dizaine de jours. Les tiraillements se sont estompés au fur et à mesure jusqu'à disparaître. Ce n'est pas glamour d'en parler mais si ça peut en rassurer certaines à ce sujet...

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