La naissance d'anaé, comme dans mes rêves...

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\ Accouchement du 03 avril 2014
t Durée : 4 heures

J'ai passé le dernier mois de ma grossesse à lire absolument tous les récits d'accouchements de ce site, certains même plusieurs fois... Alors je me devais de vous raconter le mien. Voilà la lettre que j'ai décidé d'écrire à ma fille, pour que les souvenirs ne s'effacent pas :

Tu as 3 mois aujourd’hui et tu remplis notre vie de bonheur et d’amour…

Tout a commencé le 22 Juillet 2013, jour ou l’on apprend que tu as fait ton petit nid dans mon ventre… Tu es prévue d’arriver début Avril, ton papa et moi sommes très heureux. Tout se passe très bien jusqu’au 20 Janvier, où l’on apprend que je suis désormais obligée de me reposer sinon tu risques d’arriver plus tôt que prévu.

« Menace d’accouchement prématuré » : des mots qui nous ont fait très peur, je suis donc restée allongée le plus possible avec une sage femme qui venait 3 fois par semaine à la maison pour vérifier que tout aille bien. 

A partir du milieu du mois de Mars, je reprends une vie normale, tu peux maintenant venir au monde sans risque et nous sommes vraiment soulagés.

Mais tu n’es finalement pas décidée…

Le 2 Avril 2014, dernière visite chez le gynéco à 40SA+1… Tout va bien mais maman commence à avoir un peu de tension et fait de l’œdème, alors il décide de te donner un petit coup de pouce en faisant un décollement des membranes. Il est 10H30. A partir de midi je commence à avoir des contractions douloureuses mais encore supportables. Je me dis : « tiens, ça commence à travailler là dedans »… Ces contractions durent toute la journée, c’est assez pénible et fatiguant mais toujours supportable. Le soir arrive, et on dirait que les contractions se calment. Zut, c’était une fausse alerte, son décollement n’a pas dû fonctionner. Je m’endors vers 22H30.

1H26 je suis réveillée par une violente contraction. Je me lève sans réveiller ton papa, en attendant de voir si c’était vraiment ce que je pensais… Je suis obligée de souffler très fort pendant les contractions, qu’est-ce que ça fait mal ! Je vais sur les toilettes car une grosse envie me prend, je me dis qu’il vallait mieux faire ça avant de partir… Mais j’ai du mal à garder mon calme. Ton papa se lève et me demande: « ça va ? Je t’emmène ? » Ben là je crois qu’il va falloir y aller oui.

Il m’aide même à m’habiller car ça devient très dur. J’ai voulu me brosser les dents avant de partir (on est bêtes dans ces moments quand même), je crois que ton papa se souviendra toujours de ma tête en train de souffler pendant une très forte contraction avec les lèvres pleines de dentifrice, on aurait dit une bête enragée… Là ça y est, j’en peux plus faut y aller.

Nous voilà partis il n’est pas tout à fait 2H30 du matin. C’est de pire en pire je veux arriver ! Je sentais que tu étais pressée et qu’il ne fallait pas trainer. Ton papa grille les feux rouges, prend les sens interdits, etc… Et nous arrivons à la maternité. J’essaie tant bien que mal de marcher de la voiture jusqu’à la clinique, avec l’aide de ton papa… quand j’arrive je suis pliée en deux, je pleure a chaudes larmes. On arrive à l’étage dans le service maternité, et là en voyant mon état ils m’installent tout de suite en salle d’accouchement et appellent en urgence l’anesthésiste. Une sage femme arrive et m’examine, je suis à 3. D’ailleurs cette sage femme qui s’occupera de moi s’appelle Lydie Ricard, ce qui nous aura quand même bien fait rire après coup, vu que c’était déjà le père Picol qui nous avait mariés… Ca doit plus être le hasard on se dit… Bref, elle veut me mettre le monitoring pour voir les contractions mais impossible de rester allongée sur cette table, j’ai trop mal ! A chaque contraction je mords le t-shirt de ton papa en poussant un cri de bête ; à ce moment là je ne suis plus moi-même la douleur m’avait transformée… J’ai la tête qui tourne et envie de vomir à cause de la douleur trop intense mais je n’ai rien dans l’estomac car je n’avais déjà pas très faim la veille au soir. On me donne un haricot, Lydie me dit que ça peut arriver de vomir quand les contractions sont très fortes, qu’il ne faut pas m’inquiéter. Sur le moment je n’y pensais pas, mais après coup je me dis que je ne devais pas être belle à voir en train de crier et de cracher dans mon haricot, et ton papa qui me caressait les cheveux malgré tout. Je ne sais pas comment j’aurais fait sans lui, c’est comme s’il me prenait un peu de douleur à chacun de ses gestes tendres, ou de ses paroles d’encouragement. Il a été tout simplement parfait tout au long de cette nuit et je l’en remercie.

L’anesthésiste arrive, mon sauveur ! Je dois m’asseoir sur le bord de la table et me courber vers l’avant sans bouger. Impossible à faire je suis obligée de me balancer pendant les contractions je ne tiens pas en place la douleur est trop forte. Ton papa doit sortir, Lydie reste avec moi pour me dire quoi faire, et là je sens un liquide chand couler sur la table et le long de mes jambes ; je perds les eaux. J’arrive à rester immobile quelques secondes et l’anesthésiste me dit : « attention je vais piquer ça va faire mal mais il ne faudra pas bouger. »

« Vas-y fais la ta piqure c’est de la gnognotte ton aiguille de 10cm à côté de ce que je douille ! »

La péridurale est posée, elle va agir dans les 10 minutes… Au bout de 5 minutes, je sens déjà le soulagement. Quel pied !

Ton papa revient dans la salle, je recommence à retrouver un visage humain. Lydie  m’examine tout de suite après la péridurale car elle savait que ça allait vite ; je suis à 7 et poche des eaux rompue (ça j’avais remarqué merci).

Il est 3H30 du matin, tu es très pressée apparemment. Heureusement qu’on est vite partis de la maison.

A partir de là, c’est que du bonheur… Je n’ai plus mal, on discute avec ton papa, qui voit les contractions monter sur le tracé du monitoring. « Waw, t’es à 160 ! », et moi ça me fait rire, je ne sens plus la douleur c’est tout simplement génial. On prend le temps d’envoyer deux ou trois texto pour prévenir nos parents, et pour dire que Cacahuète est toute seule dans le salon…

Une sage femme revient m’examiner, je suis à 9, mon gynéco va bientôt arriver.

Je tremble de tout mon corps, je n’arrive pas à me contrôler, il paraît que c’est un effet de la péridurale, c’est assez impressionnant mais apparemment normal.

Vers 4H30 le voilà, je suis à dilatation complète on va pouvoir commencer à pousser. Il me fait faire 2/3 essais pour voir comment je m’en sors, apparemment je pousse bien (cool !).

Et là l’épreuve de sport commence, le gynéco et Lydie me coachent : « allez on y va, on pousse on pousse on pousse on pousse encore encore encore encooooore… Et on respire. Allez on reprend on pousse on pousse ! »

J’ai poussé longtemps pour que tu sortes la tête, car les contractions se sont arrêtées au moment de commencer à pousser, donc j’ai dû faire le boulot toute seule. Mais je n’ai pas mal et j’ai toutes les sensations alors tout va bien, tout est parfait je ne pouvais pas rêver mieux.

¾ d’heure et une belle déchirure plus tard, tu sors la tête… C’est ton papa qui voit tes cheveux en premier, tu es toute brune !

Je dois pousser une dernière fois pour les épaules, et le gynéco t’attrape. Je suis concentrée et je ferme les yeux pour pousser et j’entends ton papa qui dit « regarde regarde ! » alors j’ouvre les yeux et je vois le gynéco te poser sur mon ventre. Je fonds en larmes, ton papa aussi. Il est 5H24.

Je te garde en peau à peau contre moi pour te réchauffer pendant au moins 2heures, tu fais ta première tétée, on est aux anges, tu fais partie de notre vie à jamais…

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