Un accouchement pas comme prévu

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\ Accouchement du 05 avril 2017
t Durée : 9 heures
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Après une grossesse plutôt facile malgré tous le poids que j'ai pris, avec la baisse de confiance en moi (et les vergétures), j'ai commencé à ressentir beaucoup de contractions dès le 6ème mois. Parfois, toutes les 1-2 minutes, assez fortes (même si je ne savais pas encore ce que c'était haha). À chaque fois, on me renvoyait chez moi. Au bout de plusieurs fois, j'ai commencé à déprimer, surtout lorsqu'on m'a trouvé une infection urinaire : non je n'aurais pas mon bébé tout de suite, mais à la place une infection... Sans compter que toutes ces contractions me fatiguaient...

À partir de la 36ème semaine, je n'en pouvais plus ! Je rêvais d'accoucher, j'étais gonflée comme un ballon... J'ai commencé à boire un litre et demi de tisane de feuilles de framboisier par jour à partir de la 38ème semaine, à faire des massages du col... Mais non, ma petite princesse était bien là où elle était, à côté de mon coeur...

Plus on approchait de la date, plus je désespérais...

Mon gynéco prévoyait que j'allais sans doute dépasser mon terme, mais je n'y croyais pas.

Pendant plusieurs mois, je me suis préparée pour un accouchement naturel, principalement avec l'aide d'une super hypnothérapeute. Je souhaitais accoucher de A à Z dans une baignoire, ce qui est possible en Belgique, évidemment sans péridurale. J'avais fait un projet de naissance très recherché : clampage tardif, pas d'expression abdominale, épisio autorisée uniquement si mon bébé ou moi-même étions en réel danger,...

Une semaine avant mon terme, mon gynéco, voyant ma détresse, m'a proposé un déclenchement deux jours avant la dpa. J'étais tentée d'accepter, mais j'ai tenu bon. Je me disais qu'on n'était plus à une semaine près, et que si je voulais accoucher naturellement, je devais rester forte !

Le jour de ma dpa (26 mars), toujours rien... Là, on a dû planifier une date. J'ai demandé à ce qu'elle soit le plus tard possible... Soit 10 jours plus tard (en Belgique, le terme est fixé à 40sa). J'ai multiplié les techniques naturelles pour aider mon bébé à trouver la sortie : visualisations, toute sorte de choses à manger, ménage, voiture, ballon..... Rien ne fonctionnait !

Le matin du jour où je devais rentrer pour le déclenchement, on m'a parlé d'acupuncture, j'ai pris rdv sur le champs, pour midi. Après la séance, j'ai senti que ça avait fonctionné... ou pas ^^

Je suis donc arrivée à la maternité à minuit pour me faire déclencher. 

Le plan initial c'était : 1 comprimé de prostaglandines pour maturer le col à 1h du matin, un deuxième comprimé 6 heures plus tard, puis ensuite une perfusion d'ocytocine pour induire les contractions.

Mais en fait, j'avais déjà des contractions régulières et rapprochées depuis le début de soirée. Du coup quand je suis arrivée et qu'ils m'ont fait le monito, ils se sont dit qu'ils allaient d'abord un peu attendre. Mais mon col ne bougeait pas... (Et par la suite j'ai vu que les contractions n'étaient pas douloureuses comparé à ce qui allait suivre ^^)

Donc ils m'ont mis le premier comprimé de prostaglandines à 4.30 et m'ont mise en chambre double.

Oui oui, monsieur peut rester, mais il devra dormir sur le fauteuil, bien que le lit à côté était vide et qu'il y avait encore plusieurs chambres libres... Bon... Moi je veux qu'il soit en forme, je lui dis de rentrer (on habitait à côté).

Je m'endors à 5.30 et deux heures après je suis réveillée par la douleur....

Je patiente une heure, puis appelle les sages femmes, elles m'amènent au bloc accouchement. Effectivement, contractions plus fortes, plus régulières... Je suis dilatée à 2 cm vers 9h. On ne va pas continuer le processus de déclenchement.

Je vais dans un bain, les contractions sont gérables, mais les choses avancent vite... Et chaque contraction est plus douloureuse que la précédente... Je commence à pleurer, à me tortiller dans mon bain, je sors, je rentre....

J'appelle mon compagnon une heure plus tard. Je pensais au fait qu'il n'avait pas beaucoup dormi et qu'il devait être en forme... Je lui dis de prendre son temps... Grave erreur ! J'avais en fait besoin de lui... J'ai fait la même bêtise avec mon hypnothérapeute... Et les sages femmes qui pourtant avaient connaissance de mon projet d'accouchement ne venaient pas me soutenir...

Seule, dépassée, en détresse, je craque et parle aux SF de la péri... Aucun soutien de nouveau, elles me disent que si je ne me décide pas tout de suite, je devrai peut-être attendre longtemps. Mon compagnon était arrivé quelques minutes plus tôt (vers 11.45). Mon hypnothérapeute devait arriver pour m'encourager...

Je craque et accepte la péri vers midi...

J'ai pu constater qu'avant qu'elle ait le temps de faire effet, j'ai eu l'impression de ne presque plus souffrir des contractions. Je pense que la douleur était en grande partie psychologique (même si je hurlais de douleur et que bon, c'est sûr que ça fait mal).

Jamais je n'actionnerai la pompe (je comprendrai que c'était encore une erreur lors de l'expulsion ^^). Pourtant durant les 4 heures suivantes, plus aucune douleur... La photo jointe a d'ailleurs été prise vers 15h. Je suis souriante, je consulte mes emails, et derrière moi le monito s'affolle !

À 15h environ je suis à 7 cm, à 16h je suis à 10... Quelques minutes plus tard je commence à pousser... J'ai poussé pendant 30 bonnes minutes, c'était horrible. La péri ne faisait plus du tout effet (d'ailleurs j'ai commencé à 4 pattes avant de passer sur le dos), le gyné me massait le périnée, j'ai fini par sentir que la tête était passée, j'ai redoublé de forces (en puisant au fin fond de mes ressources insoupçonnées), et puis ils me l'ont posée sur le ventre... J'étais à moitié folle  («c'est mon bébé !! Vous avez vu ?? Je l'ai sortie de mon ventre !!») Et mon chéri à côté de moi pleurait toutes les larmes de son corps...

Je n'ai même pas remarqué qu'elle était en détresse. Elle avait fait caca dans le liquide amniotique, et elle a tout de suite dû être aspirée... Ils ont clampé le cordon rapidement après me l'avoir déposée sur le ventre, l'ont emmenée de l'autre côté de la pièce et lui ont fait quelques soins pendant qu'on me recousait une petite déchirure. Mon compagnon ne réalisait pas, il restait près de moi et pleurait, j'ai dû lui dire «tu veux pas aller la voir ?» «Oh oui oui !!» Immédiatement il s'est levé et a un peu atterri... Il l'a regardée 1h en pleurant sans pouvoir se calmer <3...

On est resté jusque 19h dans la pièce d'accouchement avant d'être conduits en chambre...

Je n'en reviens toujours pas d'avoir sorti ce grand bébé de 51cm...

 

La première nuit je l'ai allaitée mais la sage femme m'a proposé de la coucher dans son berceau à côté de moi pour qu'elle ne soit pas trop excitée par les hormones de mes seins... J'ai mal dormi.

La 2ème, j'ai voulu la poser et chaque fois elle pleurait, alors j'ai dormi toute la nuit collée à elle... J'ai beaucoup mieux dormi et surtout il s'est vraiment passé quelque chose, le lien s'est fait soudain.. Depuis cette nuit-là, je déborde d'amour pour elle, et dès qu'elle m'entend elle se calme, mon  compagnon est admiratif de voir le lien qu'on a tout de suite eu toutes les deux, qu'elle me reconnaîssait et qu'elle avait tant besoin de moi.

 

Six mois plus tard, je garde un souvenir aigre-doux de mon accouchement. Bien-sûr on ne peut pas forcer la nature, donc c'est dommage que j'aie dû être déclenchée mais ça, c'est comme ça... Par contre, je regrette énormément de n'avoir pas été plus égoïste, de ne pas avoir demandé à mon compagnon et à mon hypno de venir plus vite. J'avais tellement besoin de soutien, et je n'ai pas voulu les déranger. Pourtant, c'était leur rôle, j'aurais dû penser à moi. Je pense que c'est à cause de ça que j'ai cédé pour la péridurale. Ce n'est pas grave en soi, mais cette impression de solitude face à ma détresse me donne beaucoup de regrets.

Malgré ça, je considère le 5 avril dernier comme le plus beau jour de ma vie. Le premier jour de ma vie. J'aime chaque jour plus ma fille, qui me rend bien. C'est un amour viscéral...

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