48h de faux travail

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\ Accouchement du 18 octobre 2013
t Durée : 10 heures

 

Mardi 15 Octobre, date du terme théorique. RDV à la mat pour contrôle. RAS, col long, fermé, pas de contractions. Je désespère, j’étais tellement persuadée que j’accoucherais à l’avance… c’est raté ! Mais bon, les choses vont à leur rythme, quand c’est pas l’heure, c’est pas l’heure. Je dois revenir dans 48h si rien ne change.

 

Le lendemain, ça y est contractions toute la journée, espacées, pas franchement douloureuses, mais chouette, enfin on y est ! La journée passe tranquillement, le soir arrive, je dine avec mon chéri (F), elles commencent à être régulières et un peu plus douloureuses. Nous décidons de passer à la maternité après le repas. A la mat… rien, le col n’a pas bougé, monitoring qui montre peu de contractions, on nous renvoie à la maison. Les contractions se poursuivent, F va dormir, je gère tranquillement au salon, mais ça commence à être régulier (4-5 minutes), et la douleur plus difficile. Au milieu de la nuit, je me dis qu’on y est, il faut y retourner. Je réveille F et nous nous rendons à la mat. La route est difficile car mal entretenue, à chaque trou j’ai mal. Nous arrivons et là … la même chose, rien n’a bougé. Je ne me sens pas de rentrer à la maison, on nous propose de rester. On nous installe dans la salle nature équipée d’une baignoire. Je prends un long bain, ça me soulage, mais les contractions se poursuivent toute la nuit. Nous passons ainsi la nuit, avec des exercices sur le ballon, puis le matin arrive. Toujours rien. On nous attribue une chambre, il faut libérer la place pour les mamans qui accouchent – elles ! Et la journée se poursuit, nous faisons une longue promenade dans le parc proche de la maternité, je prends une longue douche chaude, F me masse, les contractions sont toujours là, difficiles à supporter, mais je tiens. Le soir arrive. Toujours rien, col fermé, long. Je n’en peux plus.

 

Je craque totalement, je crie, je pleure, je veux que ça s’arrête, qu’on en finisse. Je n’en peux plus. F va chercher une sage femme, demande ce qu’on peut faire. Après quelque temps, une sage femme me propose une piqure d’un dérivé de morphine, elle m’explique que je fais un faux travail, que les contractions ne servent à rien (enfin ! – ils ont attendu 24h pour me l’expliquer, je pensais être dans un vrai travail !) et que ce produit doit normalement les arrêter. J’accepte avec empressement.

 

Enfin, les contractions se calment et je m’endors épuisée (36h sans sommeil), d’un sommeil léger mais tout de même. F est épuisé, il rentre à la maison, à 35 minutes de route. Quelques heures plus tard (2 ? 3 ? c’est flou), je fissure la poche des eaux. Ca me réveille, j’appelle la sage femme, toute contente, qui contrôle et valide. Mais les contractions reprennent – les vraies cette fois – et j’ai peur de me retrouver dans le même état qu’auparavant. Je veux que F revienne. La sage femme m’explique qu’il doit se reposer aussi, qu’il est parti depuis peu, que je devrais attendre. Alors je négocie pour retourner dans la baignoire. Elle est libre. Je m’y rends. L’eau est bien chaude, la salle dans la pénombre. Ouf, ça soulage. Je rentre dans ma bulle, à demi somnolente, je me laisse aller à chaque contraction. Je perds toute notion du temps, et on me laisse tranquille. Plus tard, le jour se lève, la sage femme passe me voir, se rend compte que l’eau est complètement refroidie (je ne m’en étais pas rendu compte !) et veut voir où on en est. Je sors, les contractions redeviennent inconfortables. Le col commence à s’ouvrir. F arrive, on passe sur le ballon, mais c’est difficile, je suis vraiment fatiguée, 48h que je n’ai pas vraiment dormi. Je tenais à accoucher de façon physiologique, sans péridurale, mais je n’en peux plus. Alors je demande la péri.

 

L’anesthésiste arrive, pique – ne pas bouger pendant les contractions, très difficile – me pose une péri avec une pompe pour doser. Je pompe fort, je ne veux plus rien ressentir, j’en ai marre. Et ça marche, je ne sens plus rien. Je m’endors enfin. Mon corps travaille pendant ce temps, F me raconte plus tard que c’était impressionnant de me voir dormir alors que mon ventre contractait régulièrement (à en devenir quasi carré ! ).

 

Je suis réveillée par le retour des sensations, je repompe, ça passe, la sage femme contrôle, ça a bien avancé, je vais bientôt pouvoir pousser. Mais je ne sens rien (du tout !), donc poussée guidée, je pousse quand on me le dit. En soufflant. D’abord sur le côté (je ne veux pas accoucher sur le dos), mais ça n’avance pas assez, alors on passe quand même sur le dos. J’ai l’impression de ne rien faire de bon, que ça n’avance pas, mais je pousse quand on me le dit. Tout le monde m’encourage, ça fait du bien mais j’ai l’impression que ça dure, dure... La sage femme me dit qu’elle voit la tête, je ne la crois pas. F me dit la même chose, je ne le crois pas, persuadée que ça n’en finira jamais. Mais je continue à pousser quand on me le dit. Le gynéco de service passe la tête par la porte, demande s’il faut sortir la ventouse, la sage femme et la puéricultrice le mettent à la porte (merci !!), disent qu’on va y arriver. Alors on continue comme ça. Et là, enfin, elle est là, elle est sortie. Elle est sur moi, tout le monde la trouve très grande. Moi je suis heureuse, soulagée. Enfin, on y est. Plus d’efforts à fournir. Nous faisons un long peau à peau, je reprends mes esprits, me reconnecte avec la réalité. Demande s’il ne faut pas la mettre au sein pour aider le placenta. On essaye, avec l’aide de la sage femme. Je n’ai aucun souvenir de comment le placenta est sorti, F m’a dit plus tard qu’elles m’ont appuyé sur le ventre. Il est incomplet, j’ai donc droit à une révision utérine, mais avec ma péri que j’ai moi-même surdosée, je ne sens rien, ils peuvent faire ce qu’ils veulent, je ne sens rien, et ma fille est là, c’est fini ! Ils recousent une petite déchirure. Entretemps, notre fille est allée se faire peser, mesurer et habiller avec F.

 

Après 48h de faux travail très difficile, 10h de « vrai » travail, nous y sommes arrivés. Pas comme prévu, je ne voulais pas de péri, mais j’en avais besoin. Physiquement et mentalement je n’aurais pas tenu sans, j’avais atteint une de mes limites. J’aurais sûrement dû me limiter sur les doses car à ne rien ressentir du tout, je n’ai pas poussé aussi bien je pense.

 

J’accoucherai de ma seconde fille dans quelques temps, cette fois je suis tout aussi décidée à essayer sans la péri, et persuadée que j’y arriverai en étant plus reposée. La suite au prochain épisode…

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