Déclenchement heureux

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\ Accouchement du 23 août 2015
t Durée : 3 heures et 30 minutes

À la fin de ma grossesse, j'avais du diabète gestationnel. Donc je savais que si j'arrivais jusqu'au terme, je devrais être declenchee. Ça me faisait un peu peur, mais sans plus. Je ne sais pas si c'est dû aux hormones, mais contrairement au milieu de la grossesse où j'avais vraiment très peur d'accoucher, vers la fin, j'étais plutôt sereine.

J'arrive donc au terme. Rendez-vous à la maternité, examen, monito, verdict: quantité de liquide amniotique faible mais bébé va bien. On me laisse le choix de rester (il était 14:00) ou de revenir le lendemain matin 8:00 pour le déclenchement. Je choisis de passer un dernière nuit chez moi. Le lendemain 8:00 j'arrive avec mon mari un peu angoissés et excités. Aucun de nous ne realise encore vraiment que nous allons bientôt être parents. 8:30, 9:00... Nous sommes toujours en salle d'attente. Puis on nous previent: la salle de naissance est pleine à craquer donc nous devons revenir à 11:00. Un peu énervés, nous allons marcher un peu dans l'hôpital. 11:30 1er cachet de cytotec. J'ai dû signer une décharge car le médicament est utilisé dans une autre indication que celle normalement prévue par son autorisation de mise sur le marché. En confiance, je signe. (Je j'apprendrai que bien plus tard le risque que ça nous faisait courir...) 2 heures après, aucune contraction. Nous allons manger une pizza en face de la maternité en plaisantant et en appelant nos proche. 14h 2eme cachet. 17h: 3 ème cachet, toujours rien ne se passe... On me donne un lit dans le service des grossesses pathologiques car le service naissances est plein à craquer. Mon mari rentre à la maison. Dans ma chambre une fille qui perd du liquide amniotique à 23 semaines et vit dans la peur de perdre son bebé... Je ne trouve pas ça très délicat de la part de l'hôpital de me mettre avec elle, la pauvre... Je me promène dans les jardins. 18:30 enfin des contractions ! Pas très fortes mais bon. Je retourne en salle de naissance, on me fait un monito. Verdict: ce ne sont pas des contractions de travail. On m'annonce qu'on fait une pause dans le déclenchement pour que je puisse bien dormir et qu'on reprendra le lendemain. J'aurais ces maudites contractions de "non travail" jusqu'à 1 à 2 heures du matin, mais j'arrive quand même à relativement bien dormir.

Lendemain matin 9:00 : 1er cachet. Mes parents et mon mari sont là. Nous marchons un peu dans l'hôpital et les jardins. Vers 10:00, les contractions recommencent. D'abord pas très fortes puis un peu plus. Il faut que je m'arrête de marcher pour gérer. À 11:00 je dois me présenter pour le 2 ème cachet. Les contractions augmentent lentement en intensité dans la salle d'attente. J'attends jusqu'à midi et je rentre en salle de monitoring. Monito jusqu'à 12:30. Les contractions sont bien installees. La sage-femme m'examine : mon col est ouvert à 3. Elle me donne le 2eme cachet et je reste sous monito pour contrôler les effets du médicament. Heureusement, je suis sur le côté. Je commence  à être dans un autre monde où l'extérieur me gène. Je ne supporte plus d'être touchée, les bruits me genent. Les contractions sont fortes mais gérables. Je me rappelle être allée aux toilettes faire pipi, puis et revenant je romp la poche des eaux. On m'aide à me déshabiller en bas, car j'avais toujours ma culotte et ma jupe ; on me donne un drap.

Puis tout s'accélère, les contractions augmentent d'un coup et très rapidement, je rentre dans une énorme contraction sans pause. Je hurle que j'en peux plus et que je veux une péri. Je pense que ça va durer encore des heures et ce n'est absolument pas concevable pour moi. Je suis arrivée au point où je ne peux plus supporter la douleur. Dans ma tête ça devient vital d'avoir la péri tout de suite. Réponse de la sage-femme : mais on est en salle de monitoring ! Moi dans ma tête : et alors?!! J'en ai rien à battre !!! Et la, je sens que ça pousse. Je dit: ça pousse, ça pousse ! Ça devient insoutenable car je retiens la poussée. La sage-femme est dépassée et va chercher sa collègue (sans nous prévenir : les plus longues minutes de ma vie, complètement paniquée) puis la collègue arrive. Elle m'ausculte et je suis à 8 ! Je lui dis en vrac "ça pousse ! Je peux plus ! Je veux la péri !" Elle m'a dit "c'est trop tard" et là c'est la panique totale.

Heureusement, elle me parle, me calme et me dit si vous avez envie de pousser, poussez ! J'étais toujours sur le côté sur la table du monitoring. Elle m'a fait levé la jambe et j'ai commencé à pousser. Ça a été un énorme soulagement. D'un coup je n'avais plus mal. En 10 minutes mon fils était né. Il était 13:29. C'était le soulagement, la joie de l'avoir sur moi et en même temps la stupeur qu'il soit déjà là ! Je n'ai absolument pas senti mon bébé sortir. Par contre la suture de la déchirure sans vraie anesthésie à été une épreuve...

À posteriori, j'ai appris que la 1ere sage-femme était nouvellement diplômée et travaillait normalement aux suites de couches. Elle avait du aidé en salle d'accouchement ce jour là car c'était bondé. Cest pour ça qu'elle était dépassée. Elle était en garde tout au long de mon séjour en maternitré et m'a beaucoup aidé notamment la nuit (quand on est soudain seule desemparée devant ce nouveau-né qui pleure) et pour l'allaitement.

C'était en août 2015. Je n'aurais jamais pensé accoucher sans péridurale mais j'ai tout de suite été très contente que ça se soit passé comme ça. Là je suis à 2 semaines du terme de ma 2eme grossesse, et j'espère arriver à le faire une deuxième fois.

 

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