Un 1er accouchement sans péri et sans le papa

postée
\ Accouchement du 30 octobre 2015
t Durée : 9 heures

 Après une grossesse sereine et active, et alors que je commençais à avoir hâte d'accoucher, je perds les eaux un soir, une semaine avant le terme.

 

Je suis à la fois excitée et déçue, j'aurais tellement aimé attendre à la maison!

 

Mon mari m'emmène à la maternité. Je n'arrête pas de rire en me sentant trempée et je n'ai pas mal du tout. Nous marchons beaucoup et je commence à sentir de très légères douleurs. Je remarque quand même qu'elles se rapprochent: j'en ai toutes les 5-10 minutes.

 

J'ai perdu les eaux vers 21h30, et il est environ 23h lorsqu'on m'examine. Je suis ouverte à 2 et je n'ai pas vraiment mal. La sage-femme n'est pas sûre que le travail est commencé. Vu mon sourire détendu, elle me dit que j'irai marcher deux heures, après 30mn de monitoring.

 

Je reste allongée, la douleur augmente légèrement et reste très supportable. Moins forte que les règles! Je me dis qu'il va y en avoir pour très longtemps. Je dis à mon mari de rentrer dormir. De toutes façons, nous avons décidé qu'il n'assisterait pas à la naissance: entre ma pudeur, son impatience et sa hantise des hôpitaux, c'était une sage décision, que nous ne regretterons pas.

 

Vers 0h30, la sage-femme m'autorise à me lever pour une promenade. La douleur est maintenant plus forte que celle des règles, et elle arrive par vagues de plus en plus rapprochées. Je sens mon bassin s'écarter, et ça, c'est une sensation totalement nouvelle!! Je chantonne et je respire, je tiens le coup en gémissant un peu, je reste plutôt zen. Entretemps, on m'a fait enfiler la fameuse chemise blanche ouverte derrière, très sexy pour aller marcher, sans oublier que je perds toujours les eaux et qu'on ne m'a pas équipée pour la situation! Je me lève pour essayer de m'accoutrer décemment, et là: AIE!!! Dès que je me lève, la douleur est décuplée. J'appelle quelqu'un pour avoir une protection, je m'enroule les hanches dans un foulard, mais je comprends très vite que je ne serai pas en état de marcher longtemps.

 

La sage-femme revient, je suis dilatée à 3, le travail semble vraiment commencé, on passe en salle physio vers 1h30. On y va à pied, je marche péniblement. La SF ne semble pas très branchée physio, même si elle respecte mon choix, elle me demande quand même:

 

“Vous pensez que vous tiendrez sans péridurale?”

 

L'absence de mon mari semble, selon elle, un gros problème pour réussir. Je lui dis que ça ira, que j'attends de voir pour la péri.

 

Une fois dans la salle physio, je reste allongée longtemps sur la table d'accouchement, à nouveau avec le monitoring, et seule. Je trouve le temps long et surtout, la position horizontale ne me convient pas, j'ai mal au dos! Je tiens le coup un moment, mais je commence un peu à crier pendant les contractions. Ce monitoring me gêne. Je finis par rappeler la SF pour lui demander où on en est. Il doit être 3h. Je suis dilatée à 5.

 

“Vous me souffrez pas pour rien”, me rassure-t-elle.

 

Je suis comme sur un nuage, je ris entre les contractions, je ne sais pas trop où j'en suis. Ca fait mal, mais ça va encore. J'espère surtout que ça va vite avancer. Je lui dis que si je n'ai pas accouché au lever du jour, je prendrai la péridurale pour pouvoir me reposer, car c'est la fatigue qui risque de poser problème à la longue. Alors que la SF s'éclipse, je remarque un ballon au fond de la sale. Je le réclame, elle me l'apporte, je m'installe dessus. La SF me masse le dos un instant et s'en va.

 

Sur le ballon, ça va beaucoup mieux. Je n'ai plus mal au dos, je tournicote en me tenant à la table. J'écoute de la musique. Les contractions sont de moins en moins supportables, je crie à chaque fois. J'attends longtemps, je dis des prières et j'essaie de penser à autre chose. Je prends des poses ridicules, je grimace et je suis bien contente que personne ne me voie dans cet état. La SF m'avait fait remarquer que mon mari m'aurait aidée, il aurait pu me masser, mais il ne l'aurait pas fait très longtemps et surtout, il aurait mal supporté de me voir souffrir ainsi. J'aurais été bien plus tentée de prendre la péridurale si quelqu'un (lui ou la SF) était resté avec moi tout le temps.

 

Soudain, j'ai envie de pousser, mais je suis certaine que c'est pour aller à la selle. Je sonne. J'essaie de me retenir une fois ou deux, mais c'est très difficile. Alors, je descends du ballon et je pousse. Pas un instant j'imagine que c'est le bébé qui descend, je n'étais qu'à 5 il y a une heure ou deux! La SF revient, m'examine vite: presque à dilatation complète! Je vais pouvoir pousser, car Bébé est très bas déjà, l'ouverture est suffisante pour qu'il passe.

 

La SF m'a examinée sur la table, en position gynécologique, et c'est comme ça que je vais rester jusqu'à la fin. Je l'ai regretté vite, car j'étais tellement mieux accroupie! Mais je comprends que c'est plus simple pour elle. Une aide-soignante arrive vite et m'explique comment pousser, mais je n'y arrive plus du tout et je panique. La lumière, les voix, le brusque changement de position et la révélation que le bébé était déjà en train de sortir: au secours, j'ai peur!! Peur d'avoir mal, d'être choquée en réalisant pour de bon que je deviens maman. J'arrive à me calmer assez vite, je pousse de mieux en mieux. J'ai très mal au périnée que je sens s'écarter, mais ce sera vite passé et je n'aurai qu'une minuscule déchirure. Bébé sort sa tête petit à petit, je la touche deux fois et ça me rassure beaucoup, même si j'étais d'abord réticente. La tête sort complètement, on entend sa voix, il gémit doucement. Les épaules passent, et le voilà dehors à presque 7h du matin.

 

En voyant ce petit bébé, je n'ai plus eu peur du tout, j'avais l'impression de le connaître depuis toujours. Je le félicite de s'être aussi bien débrouillé pour sortir. Je garde un merveilleux souvenir de cette naissance. Les jours qui ont suivi ont été plus difficiles, car l'allaitement a été très laborieux. Ce souvenir heureux m'aidera à tenir le cap pour continuer l'allaitement, mais ça, c'est une autre histoire...

 

J'ai choisi de partager avec vous ce moment intime pour faire passer le message qu'on peut accoucher sans la présence du papa. Cela semble quelque chose de presque obligatoire à l'heure actuelle, mais nous avons décidé de faire autrement et nous en avons été ravis. J'ai accouché entourée uniquement de femmes, et j'ai apprécié le symbole de "pouvoir féminin" que cela représente. Cela ne veut pas dire que le père n'est pas important ou qu'on ne l'aime pas. Pour moi, l'accouchement est comme un "besoin naturel" à vivre discrètement, tout comme je n'aurais pas idée d'aller aux toilettes devant mon mari. Nous avons vécu un moment très émouvant lorsqu'il est arrivé pour voir le bébé qui était né, dans une ambiance sereine. C'était très bien comme ça!

 

 

7c1010b5a33ca73b235acdce2d04baa1
50 pts

Commentaires

Articles traitant de sujets similaires

Preparation-accouchement

7 raisons de refaire une préparation à l'accouchement

Postpartum

Ces douleurs post-accouchement qui nous gâchent la vie