Une naissance physiologique

postée
\ Accouchement du 01 mai 2011
t Durée : 5 heures
 

J'attendais (im)patiemment que mon petit père lance la machine. Le temps me paraissait bien long : mes 3 grands étant tous arrivés de 8 à 15 jours avant la DPA, j'étais convaincue qu'il en serait de même pour ce petit dernier, mais il en a décidé autrement. La veille de la DPA, 5h du mat, je suis réveillée par une contraction légèrement douloureuse, je suis ravie, c'est bon signe, ça fait 15 jours que je ne contracte quasiment plus, le calme avant la tempête ! La veille, je me suis sentie réellement prête, j'ai définitivement lâché prise, je t'ai invité à venir mon bébé et visiblement tu as accepté cette invitation.
J'attends, quelques contractions s'enchaînent, je saute du lit, euphorique, c'est parti !
Je descends, j'allume l'ordi et préviens des amies doctinautes que si elles ne me voient pas repasser plus tard, c'est que le travail sera bel et bien lancé... je passe mon temps à arpenter la pièce, je ne sais m'arrêter de marcher, sauf lors de certaines vagues que je passe debout appuyée sur une chaise. Tout est anarchique : intensité, durée, intervalle.
Il est 7h quand je réveille mon homme. Je lui dit de prendre son temps, la danse des contractions se fait plus nerveuse, mais je ne suis pas pressée de partir, je sens que c'est nettement moins violent que pour la naissance de mon 3ème (1h30 en tout et pour tout !) et je suis bien chez moi à marcher, toujours marcher.
8h, on décolle, je suis passée de la valse à la salsa ! Le trajet de 30 mns se passe merveilleusement, je suis bien, je respire profondément et calmement pendant les contrax et je souris après chaque pic...nous allons te rencontrer petit homme...
Arrivés sur place, je suis "accueillie" par une infirmière qui n'apprécie guère d'être obligée de descendre me chercher (j'avais du mal à marcher en descendant de voiture, comme bloquée au niveau du bassin, ça travaillait dur).
Sainte aimable me dirige vers une salle d'examen en me demandant de m'allonger pour un monito : "pas sur le dos s'il vous plait !" "arrêtez vos caprices, il y a un bébé en jeu !" Pas eu le temps de lui répondre, une contrax me cloue le bec, elle m'installe son truc. Une sage femme (celle qui va s'occuper de nous tout du long) vient m'examiner : col ouvert à 6 cm. Ca a bien avancé ! La gynéco de garde, très zen, se présente, me pose quelques questions et me souris en me disant qu'on ne se reverra sûrement pas (un 4ème bébé, une femme qui ne veut pas de péri, dilatée à 6cm, qui semble sûre de ses capacités à enfanter naturellement, elle sait qu'il y a peu de risques que nous ayons besoin d'elle). On nous laisse et je râle : je ne me sens pas à l'aise sur le dos, je suis sûre que mon bébé ne va pas aimer cette position, d'autant plus que c'est un bon pépère, son poids doit bien comprimer la zone chargée de l'oxygéner...effectivement, dans ces conditions, il ne supporte pas les contractions, son rythme cardiaque descend de plus en plus, 60bpm, 40bpm...basta, je m'assoie, la sage femme arrive, elle vérifie le positionnement des capteurs et me propose de changer de position...je me dis qu'elle à tout compris ! Semie assise sur le côté gauche, le petit coeur de mon bibou reprend un rythme normal...je suis un peu tendue, elle a fissuré ma bulle de bien être cette infirmière...
C'est assez flou dans mes souvenirs, mais ça doit être à ce moment là que je passe en salle de travail. Je m'installe assise, sur le côté gauche, appuyée sur le dossier du lit qui est relevé. Quelqu' un me demande si je souhaite avoir une lumière plus douce, j'accepte, ça m'apaise de ne pas avoir eu à le demander. Je suis totalement en moi-même, nous sommes seuls, j'ignore totalement mon compagnon. Je me fais la remarque que les contractions sont moins dures, toujours anarchiques et que je ressens bien moins de pression sur le col. J'ai un coup de fatigue, je ne bouge pas, je me repose entre les contractions.

La sage femme vient me proposer de vérifier la dilatation, je dis oui : toujours à 6cm. Elle me propose
de me mobiliser avant même que je puisse lui demander (décidemment, elle a vraiment tout compris, je l'apprécie de plus en plus !), elle installe une barre de suspension sur le lit et repart.
Je suis assise, j'attrape la barre à chaque contraction, me soulève du lit, me balance, me suspend, ça pousse nettement plus fort dans cette position ! Je suis beaucoup plus détendue maintenant, je visualise mon bébé qui descend, je pousse très légèrement durant la contraction, je sens que c'est ce qu'il faut faire...je serais incapable de tenir debout, j'ai la nausée et les jambes qui tremblent après chaque vague, mais je m'en fous, je sais que mon bébé est de plus en plus proche.
Je suis accroupie sur le lit, je suis pendue à cette barre, je me balance en avant quand la puissance de la contraction se fait sentir, ça devient très intense.

Et puis d'un coup, j'en ai marre, je déconnecte de mon bébé, je ne pense qu'à cette douleur, je veux que ça s'arrête ! Je sonne, le sage femme arrive et je lui dis que finalement j'aimerais avoir une péri, je suis en pleine phase de désespérance, mais je ne m'en rend pas compte...elle m'examine : 6/7cm...la sage femme a su me rassurer, m'expliquer que si on était toujours à la même dilatation, c'est parce que mon bébé était encore haut (c'est la poche des eaux qui appuyait, c'est un peu moins efficace que la tête d'un bébé) me disant que ça ne valait pas la peine de la faire cette péri, que ça pouvait aller très vite maintenant ! Elle m'a proposé de percer la poche des eaux en m' expliquant que ça pouvait faire descendre bébé...ou pas, que la douleur serait plus forte une fois la poche perçée...bref, qu'il valait peut-être mieux attendre encore un peu avant d'intervenir, que ça valait la peine d'aller au bout naturellement et sans péri...je connaissais les risques de la rupture artificielle de la poche (surtout sur un bébé encore haut), je voulais éviter ce geste. J'avais l'air paumé, elle m'a donc proposé de réfléchir quelques instants et elle est sortie en me disant qu'elle restait à proximité en cas de besoin (elle a vraiment, vraiment tout compris décidemment !).
Je suis un peu perdue, mais je me sens mieux, je me rend compte que la valse des contractions s'est suspendue. Quelques minutes s'écoulent...et, une puissance indescriptible me serre le ventre, c'est très douloureux mais si peu en même temps, ce n'est plus une douleur aigüe, c'est sourd, j'ai l'impression que ça serre si fort que mon utérus modèle chaque recoin de mon bébé ! Je pousse un gémissement tellement c'est intense, la poche cède !
La sage femme, qui était restée dans le couloir, est là en 10 secondes, je me sens glisser sur le dos (je n'avais pas prévenu que je voulais faire la phase d'expulsion autrement), je sens la tête de mon bébé dans mon vagin, elle me dit "vous poussez quand vous voulez", pas de poussée dirigée ! J' ai donc accompagné mon bébé (ça poussait quasiment tout seul), je n'ai ressenti aucune douleur, ni contraction, en 2 mns il était là, sur mon ventre...la sage femme fait une tête impressionnée : "il est costaud et très grand !"
Nous le découvrons, je suis également impressionnée par son gabarit et surtout par sa vigueur.
Nous l'avons dévoré des yeux, ce petit miracle tant espéré...il a rapidement cherché le sein qu'il a tété avec avidité.
Le cordon a été clampé et coupé après avoir cessé de battre.
La SF a laissé le temps à mon placenta de se décoller, sans forcer. Elle m'a fait une vraie anesthésie locale pour 2 ou 3 points superficiels, une petite éraillure, qu'elle a hésité à suturer tellement c'était petit, mais comme ça "saignotait"...
Notre fils ne nous a pas quitté durant 2 heures (même durant mes soins, il est resté sur moi). Ensuite, ses mensuration ont été prises : 55cm, 4k250 avec un PC de 38 cm, périnée intact, pas de déchirure.

Je suis ravie d'être tombée sur cette SF, car n'ayant pas préparé de projet de naissance, mais accouchant dans une maternité ouverte à la démédicalisation, je savais que ça serait un peu la loterie. Elle a été impeccable et je l'en remercie.

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146 pts

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