La naissance d'adam, mon bébé printemps

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\ Accouchement du 21 mars 2011
t Durée : 7 heures et 35 minutes

Nous sommes le 20 mars 2011.

Tu es toujours au chaud mon bébé et ta venue avait été annoncée aux alentours du 24. Le terme est donc très proche et mon impatience de te rencontrer se mêle maintenant à l'envie de te garder encore un peu au creux de moi. J'ai peur que tu ne sois mon dernier bébé, j'ai peur que ce soit ma dernière grossesse. Voilà plusieurs semaines que nous t'attendons, ton papa, notre Sage Femme, tout le monde était convaincu que tu arriverais tôt et vite. Moi je savais au fond de moi que tu irais au bout de la grossesse et je voulais que l'accouchement dure plus longtemps que pour ton frère, histoire d'avoir le temps de « savourer » cette naissance. Pourtant je me suis laissé convaincre quand ils me disaient que tu serais là de bonne heure. Et puis cette idée me plaisait bien, avouons le !

Nous sommes donc le 20 mars et il fait très beau. Hier, ton grand frère a eu une trotinette pour ses 4 ans, alors nous décidons d'aller nous promener au bord d'un lac pour l'essayer et prendre l'air. Pour profiter de ces derniers moments à 4 aussi … l'après midi se passe merveilleusement bien, nous sommes heureux, tes frères sont adorables, tout se déroule comme dans un rêve ! Le soir tombe, alors nous rentrons doucement vers la maison, en empruntant les chemins de traverse, histoire de prolonger cette harmonie. Ton frère veut poursuivre le soleil pour voir où il va se coucher, mais je sens qu'une autre aventure se prépare. Plus proche, plus intime, plus profonde… Quelques petites contractions se font sentir de temps à autre, mais rien de méchant, juste une sensation que mon ventre durci. Plusieurs fois j'ai pu ressentir cette dureté pendant la grossesse, alors que pour tes frères rien ne s' était manifesté avant le grand jour !

Ce soir, je fais un riz au lait et tes frères ont le droit de le manger devant un dessin animé avant d'aller se coucher, autant dire que c'est fête pour eux ! Et puis moi, je ne sais pas pourquoi, j'ai envie d'être un peu seule avec ton papa. Ce soir il se couchent de bonne heure et oh miracle, s'endorment très vite ! Nous en profitons pour ranger un peu la maison, après un week end, il y a toujours plus de bazars que d'habitude ! Ton papa me dis qu'on le fera demain mais je lui dis avec un sourire en coin que c'est mieux de faire ça maintenant plutôt qu'a 3 heures du matin    ! Ménage fini, petit casse-croûte pris. On s'installe dans le canapé, on savoure cet instant et on prend quelques photos de ce gros ventre qui t'abrite, toi, notre petit bébé.

22H15, on file se coucher. On s'endort vite mais vers minuit, je me réveille avec une petite contraction, ou une douleur de regle dérangeante, je ne sais pas. Je suis joyeuse, je me dis, pourquoi pas cette nuit ? Je suis toute excitée à l'idée de bientôt te rencontrer et même si ma raison me conseille de dormir, impossible, j'y crois et je tourne en rond dans mon lit. Je dis à ton papa que quelque chose se prépare, que des petits signes me font espérer ta proche venue et je descends prendre une grande douche alors que ton papa se rendort. Quelques petites contractions mais rien de bien méchant, se font sentir de temps en temps. J'y crois, la rencontre approche !

Je remonte dans la chambre et préviens ton papa qui veut aussitôt appeler D, notre sage femme. Je lui dis de ne pas s'inquiéter, on a le temps. Mais il a tellement peur que tu arrives à toute vitesse, comme Sloane, ton frère, que j'arrive à négocier une demi-heure, histoire de voir où le travail en est, et puis, on ne sait jamais, si c'est un faux travail …

2H30, plus de doute, la marche de notre rencontre a bel est bien débuté. Je descend préparer le salon sans bruit, je n'ai surtout pas envie de réveiller tes frères. Allez bébé, dépèche toi avant que tes frères ne s'éveillent ! Mon chéri est tout aussi impatient que moi de te rencontrer bébé, et le voilà qui arrive à son tour dans le salon, bien que je lui ai conseillé de dormir encore un peu. Je suis contente, pour une fois, j'ai le temps d'allumer la musique qu'une amie m'a donné pour l'occasion, de la musique indienne. Je dispose quelques bougies, on baisse la lumière et on fait quelques photos. Ton père en profite pour me prendre en photos pendant les contractions, elles sont bien là elles, de plus en plus belles, mais me laissent largement le temps de souffler entre chacune d'elles.

3H00, on décide d'appeler D, les contractions sont fortes, régulières ( je crois ! ), et ne s'arrêtent pas ! Je n'ai pas envie de parler au téléphone, alors je délègue cette activité à mon chéri. D est disponible, pas d'autre naissance prévue, je suis soulagée, son emploi du temps était chargé et c'était un risque que nous avions acceptés : son absence et donc un possible départ pour la maternité. Bref, elle part de suite de chez elle, prends une stagiaire ( M ) en route et arrive à la maison.

4H30, le portail grince, voici D qui arrive. Je suis un peu génée de la faire venir si tard ( ou si tôt !!! ), le travail continue doucement mais je gère les contractions même si elles me font souffler un peu plus fort à chaque fois. Bébé n'est pas encore prêt à pointer le bout de son nez. Et puis je mets un peu de temps à me sentir à l'aise. Pour mon dernier bébé, j'étais seule jusqu'au bout, avec mon Homme et j'étais totalement libre avec ma façon d'exprimer mon ressenti. Mais là, je n'ose pas souffler comme je veux, je n'ose pas bouger comme je veux. Je me trouve ridicule, d'autant plus que j'ai une grande confiance en ma sage femme et je l'apprécie beaucoup. Il faut que je lâche prise, sinon, le travail va s'arrêter ou stagner, je le sens. Mais une belle contraction arrive et je souffle doucement. D doit sentir que je bloque mon souffle et m'accompagne avec un beau OOOOOOOOOOOHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH bien grave. Je la suis et elle me guide comme ça sur plusieurs contractions, jusqu'à ce que j'ai pris le truc et que ma bulle se referme peu à peu sur bébé et moi.

Ça devient douloureux, vraiment. Mon bébé a décidé de rester dos à droite et je sens qu'il appui fortement quelque part sur mon nerf sciatique. Chaque contraction me paralyse la jambe, la douleur rayonne entre mon ventre, mon dos, ma jambe engourdie par ce fichu nerf. Et c'est long !!! Je n'ai aucune idée de l'heure, mais il fait encore nuit dehors, à travers le rideau. D écoute à nouveau le coeur de mon bébé, elle l'a déjà fait plusieurs fois depuis son arrivée. Mais là … Le coeur de bébé faibli un peu me dit elle. Nooooooooooooooooooooon. Je me retrouve plongée 4 ans en arrière, lors de la naissance d'Elwan, mon premier bébé. C'est à ce moment là que tout avait basculé. Je suppli au fond de moi pour que bébé retrouve ses forces, je le supplie de tenir le coup. J'ai peur, très peur. Je ne me sens soudain plus capable de fournir les efforts que j'avais fournis ce jour là. Je n'en aurais jamais la force. Je garde tout ça pour moi et je prends la nouvelle contraction de face. Allez bébé, je suis là, on est tous les deux. Courage. A la fin de la contraction, elle écoute à nouveau son rythme cardiaque. Alors ? Il va bien ? Je veux savoir. Vite. Oui, il a bien récupéré, tout va très bien. Ouf. Je souffle, je reprends confiance et courage. On continu. Allez, bébé, bientôt nous nous découvrirons.

Nouvelle phase de cette naissance. Je n'ai plus conscience de l'heure, je n'ai plus conscience de rien dailleurs. Je m'accroche à mon chéri. Mon corps commence à pousser et je l'accompagne en grognant ! Le temps passe et j'ai l'impression que bébé n'avance pas. Il est haut. C'est comme si les poussése n'avaient aucun effet. Et ça dure et ça dure. Je suis fatiguée. Ma jambe est complètement paralysée. Je ne peux plus la poser par terre, alors je m'accroche au coup de ton papa. Merci chéri pour ce soutien essentiel que tu m'a apporté. Tu es là, tu me soutiens physiquement et moralement aussi. Tes mots qui arrivent dans ma brume, dans ma bulle, que je ne retiens pas mais qui me donne une force incroyable, qui me réconfortent et qui m'accompagnent. Je n'en ai retenue que deux : « tu vas y arriver mon amour » et « je t'aime chérie ». Ces mots résonnent encore aujourd hui à l'instant ou je les notes sur le papier. Ils ont été ma force. Plus rien de ce qui se passe autour de moi ne compte.

Il est 7H00, je le sais car mon téléphone sonne l'heure du réveil matinal. J'ai mal, ma jambe m'handicape, elle me donne l'impression d'une péri qui n'a pas marché. J'ai mal d'un coté et de l'autre tout est engourdi. Je me sens déséquilibré, et ça me gène dans les poussées. Le temps passe et bébé se décide à venir enfin. Je le sais car cette fameuse brûlure démarre « enfin ». Pour Sloane, je ne l'avais pas du tout sentie, pour Elwan, seulement le temps de deux contractions, mais là, ça me parrait interminable.

7H15, c'est au tour du réveil de D de sonner. Les enfants se réveillent. Pour la premiere fois depuis très longtemps ils ont fait une nuit complète. Votre papa essai sans trop de conviction de demander à tes frères de rester dans leur chambre, mais je vois déjà leur petites frimousses pointer derrière le carreau de la porte du salon. Ils sont tout ébourriffés et se demande ce que l'on peut bien faire tous les 4 dans le salon à cette heure ci. Je leur explique brievement que le bébé arrive entre deux contractions. Ils me regardent étonnés. J'ai mal. Je leur dis que ça fait un peu mal à maman et que c'est pour ça que je rale, je voudrai les rassurer. Elwan me réponds simplement : « maman, on peut jouer dans la salle de jeux ? » « bien sûr mes chéris ». Les jeux sont juste à coté du salon et simplement séparés par un petit meuble en escalier. Ils peuvent donc tout voir, tout entendre tout en étant dans leur bulle, et ils se plongent dans le jeux, calmement. De temps en temps, l'un d'eux vient voir ce qu'il se passe puis repart. Mais les contractions sont toujours là et je retourne dans ma bulle, avec bébé. Les enfants ne sont pas du tout inquiets et ça me rassure.

D pose un gant chaud sur mon périné, mon Dieu que ça fait du bien. Et puis voilà ta tète qui pointe, mais elle ne descend pas vite. Oh que ça brule, ça fait mal en continu. Je suis toujours pendue au coup de ton papa, mes pieds ne touchent plus le sol, ca m'aide mais ton pauvre papa doit avoir mal lui aussi. On partage, il participe, je l'aime. La tête est là mais il me faudra encore plusieurs poussées pour que tout ton petit corps suive.

Il est 7H40. Ça y est tu est dans mes bras, le souffle du temps est suspendu, je n'ai plus mal. Je me jette dans le canapé, tu es toujours contre moi, ton papa s'assieds près de moi, on est enfin réunis. Tes frères viennent voir le nouveau bébé, c'est un petit garçon, Elwan répondra « oh je voulais pas ça, je voulais une soeur moi » avant de retourner à ses jeux puis au petit déjeuner. Quand je veux me relever pour prendre ma douche, ma jambe ne suis plus, elle est completement engourdie et j'ai du mal à marcher car je ne sens plus mon pied. Il est juste un gros tas de fourmillements ( et ca durera 3 semaines avec une séance d'ostéo ! ).

Puis nous te pesons, toi petit bébé sans prénom, 3KG700, 1KG de plus que ton grand frère. Mon plus gros bébé ! Ton périmètre cranien est grand lui aussi, 37cm. Décidément tu es costaud par rapport à tes freres ! Cet accouchement a été le plus dur sur le plan physique mais je suis incroyablement contente de l'avoir fait jusqu'au bout, malgrès la douleur, ma plus grande crainte était de ne pas réussir à t'offrir la même chance qu'à tes freres : naître à la maison.

Tout cela a pu se faire grace à la grande présence et à toute la gentillesse de notre sage femme, de ton papa, et grace à toi notre bébé. Toi que nous nommerons donc Adam. Ton prénom vient de D, c'est un peu elle qui l'a choisi, car sans le savoir, quand elle nous a annoncé le prénom qu'elle aimait pour un petit garçon, on l'a aimé à notre tour. Et c'est celui que l'on a choisi pour toi, comme un cadeau qu'elle t'aurai laissé, tel une bonne fée sur ton berceau.  

Commentaires

  • Nono Magnifique récit! Émouvant vraiment. Tu le racontes si bien. C'est beau, c'est touchant. C'est juste merveilleux. Merci d'avoir partagé avec nous ce petit bout de toi.
    il y a environ 6 ans
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